samedi 25 mars 2017

Espagne : une nouvelle collection martiniste



Les Ediciones del Arte Real viennent de lancer, à l’initiative de José Miguel Jato, une nouvelle collection consacrée au martinisme et intitulée Cuaderno Martinista. Cette collection propose des textes courts, de 50 à 80 pages, pour découvrir et explorer ce courant singulier et si riche de l’illuminisme européen que l’Espagne commence à découvrir ou redécouvrir.







Quatre titres sont déjà disponibles :


Carta a las órdenes martinistas del siglo XXI. Cuaderno Martinista I. Rémi Boyer.

Introducción a la práctica martinista. Cuaderno Martinista II. José Miguel Jato. 

De la simbología de la reintegración a la geometría del Cuerpo de Gloria. Cuaderno Martinista III. Rémi Boyer. 

Máscara, capa y cordón. Cuaderno Martinista IV. José Miguel Jato.





Présentation vidéo de la collection :


samedi 11 mars 2017

La messe

La messe. Clés opératives par Denis Labouré et Charles Webster Leadbeater, Editions Spiritualité Occidentale.
Nous ne pouvons que conseiller cet ouvrage à tous ceux qui veulent comprendre le rite de la messe. Si ce rite existait antérieurement a christianisme dans divers courants traditionnels, il a pris une dimension particulière depuis le repas de la Pâque par lequel le rabbi Jésus de Nazareth lui a donné un nouveau sens. Denis Labouré note qu’en 1500 ans, seuls 26 mots ont été modifiés ou ajoutés au canon romain, le cœur de la messe, fait suffisamment remarquable pour alerter sur l’importance de ce qui constitue une théurgie à part entière destinée à élever jusqu’au Divin.
Après avoir dit les errements de l’Eglise de Rome en 1969/1970 qui rompit avec la tradition, Denis Labouré développe avec clarté le sens profond du rite, sa fonction, son efficacité sur laquelle insistait, entre autres, l’abbé Julio, et son ésotérisme. La compréhension de la « divine liturgie » exige l’étude et l’expérience de la communauté, du sacrifice, du principe de substitution, des clés opératives du rite. Approcher le sens de chaque geste et de chaque parole permet de passer de la simple commémoration du dernier repas du Christ au rite dans sa dimension supra-humaine.
« Comment se réalise le saut chronologique qui nous fait passer, de l’instant où nous nous trouvons, à cet instant primordial de l’événement originel ? Comment à chaque messe, le sacrifice du Christ peut-il être efficace ? Et comment rejoignons-nous sa personne dans l’acte de son sacrifice réalisé une fois, à un moment précis de l’histoire ? (…)
Ainsi, la messe a son prototype dans le sacrifice céleste de l’Agneau décrit par l’Apocalypse. Il est vain d’objecter que cette façon de concevoir les choses n’est qu’une projection de la liturgie terrestre, qu’on imagine se dérouler dans le ciel. C’est l’inverse qui est vrai : la liturgie visible est la réfraction symbolique, dans le plan sur lequel l’homme se meut pendant l’existence terrestre, de la réalité invisible d’en-haut.
Les différentes opérations divines et les différents événements se manifestent en mode successif, temporel. Mais tout est déjà fait, tout est déjà arrivé de toute éternité. Tout se passe comme si les événements, amassés en un seul point, étaient ensuite déployés, projetés, sur un cercle à la circonférence mobile, qui serait le temps. Dieu possède son Être et son existence dans l’insécable présent, et tous ses actes sont posés simultanément. »
Célébration d’une liturgie céleste, le rite de la messe en est son actualisation ici et maintenant.
Dans une seconde partie, Denis Labouré recourt à C.W. Leadbeater (1854 – 1934), théosophe, auteur d’un remarquable ouvrage, La science des sacrements qui rend compte du rite de la messe d’un point de vue « énergétique ». Le regard apporté par Leadbeater, qui peut sembler inhabituel, permet de mieux saisir l’opérativité de chaque moment du rite, que cela soit la musique et le chant, l’encensement, l’offertoire, la consécration, la réalité de la transsubstantiation, la communion, etc.
Ce rite de déification du pain et du vin par le souffle divin, qui permet de rompre avec la temporalité, et donc avec la génération, pour s’inscrire dans une unique verticalité, vise à libérer de tout attachement pour rendre réellement « vivant ».
Cet ouvrage, précis et rigoureux, offre une approche opérative, technique, de la messe et de la fonction eucharistique tout en préservant sa dimension mystérique sans laquelle l’Esprit ne saurait « agir ».
Editions Spiritualité Occidentale, 16 A rue Lingolsheim, 67540 Ostwald, France.

vendredi 11 novembre 2016

Heterodoxia Masonica

Heterodoxia Masonica, Cultura Masonica n°27.
La très belle revue de culture maçonnique de langue espagnole, consacre ce numéro, sous la direction de José Miguel Jato, aux Francs-maçons hétérodoxes, Guénon, Cagliostro, Reghini, Casanova, Sade, Pasqually, De Maistre, Kremmerz, Telmo…




Ces personnalités, fort différentes par leur histoire personnelle et initiatique comme par leur œuvre, ont en commun de transcender les limites forgées par les institutions dites initiatiques qui, trop souvent, figent plutôt qu’elles ne soutiennent les procès initiatiques.
Il n’est pas anodin que ces penseurs « hétérodoxes » de l’initiation soient présentés par des auteurs tout aussi hétérodoxes : Alfonso Marcuello, Denis Labouré, Diego Cerrato, Eva Riestra, José Miguel Jato, Nicola Lococo, Rémi Boyer, Rodrigo Sobral Cunha, Urko Cuesta Gutiérrez.
Ce numéro fera date dans l’histoire de la revue Cultura Masonica déjà reconnue comme une revue de référence dans le domaine maçonnique.

dimanche 23 octobre 2016

La naissance de la Province d'Auvergne du RER

La naissance de la Province d’Auvergne du Régime Rectifié d’après la correspondance de Jean-Baptiste Willermoz (1772 – 1775) par Loïc Montanella, Editions de la Tarente.

Cet ouvrage reprend le mémoire de master 2 de Loïc Montanella sur la naissance de la Province d’Auvergne du Régime Ecossais Rectifié, travail pour lequel il reçut le prix de l’IDERM, Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques.

La matière analysée est la correspondance entre Jean-Baptiste Willermoz et le baron Georg August Von Weiler entre 1772 et 1175, correspondance très riche, fruit d’une collaboration intense qui devait aboutir à l’émergence du RER.



Loïc Montanella fait appel à Jurgen Habermas et à sa théorie de la sphère publique bourgeoise pour traiter de la question de la construction du Régime Ecossais Rectifié :
« Le prolifique chercheur allemand, nous dit Loïc Montanella, s’était lancé dans une analyse de ce processus singulier au cours duquel le public, constitué par une somme d’individus faisant usage de la raison, s’est approprié un espace public, une sphère auparavant contrôlée par une autorité (étatique, royale ou religieuse) ou un modèle faisant autorité, comme celui de la société de cour. Espace que l’on pourrait parfaitement définir comme un territoire qui acquiert progressivement une certaine forme d’autonomie. Territoire au sein duquel se tissent des liens, émergent et se constituent des réseaux, apparaissent des formes nouvelles de sociabilité, se nouent des relations (notamment épistolaires) naissent des discussions, devient en d’autres termes, un espace polarisé de communications. »

Cette approche sociologique renouvèle les méthodologies de la maçonnologie contemporaine et ouvre de nouvelles perspectives, un autre rapport aux sources et l’usage de nouveaux outils. Ainsi par exemple, ce que nous appelons désormais les « ego documents », « les écrits du soi, les correspondances, les récits de voyage, les journaux intimes ou les Mémoires » sont « interrogées selon des modalités différentes ».

« La loge maçonnique d’un côté, l’univers urbain de l’autre, deviennent ainsi des observatoires privilégiés pour l’historien des réseaux et des lieux de sociabilité d’Ancien Régime. De quelle manière, la Franc-maçonnerie en particulier, marque l’espace public et l’espace privé (transformation de la sociabilité des salons en sociabilité de loges) ou, construit cet espace par ce jeu des réseaux communicationnels ? »

Cette approche redonne vie à ce qui est souvent desséché par la critique historique classique. La vie des loges, des rites et des ordres s’inscrit totalement dans l’expérience humaine et dans des mutabilités sociétales, subies ou co-créées.

Si le RER comme objet d’études historiques a donné de beaux travaux, cette approche qui laisse davantage de place aux acteurs eux-mêmes dans leur complexité, en premier Jean-Baptiste Willermoz, permet de mieux comprendre l’influence du jeu, subtil ou grossier, des relations humaines, individuelles, groupales ou collectives, sur les procès qui ont abouti, sur plusieurs années, à la constitution du Régime Ecossais Rectifié.

Editions La Tarente, Mas Irisia, Chemin des Ravau, 13400 Aubagne.


jeudi 20 octobre 2016

Belle Rose de Renée de Brimont

Belle Rose de Renée de Brimont, Editions de la Tarente.
Mme de Brimont (1880 – 1943) publia Belle Rose en 1931 dans Les Cahiers Libres, une maison d’édition consacrée tant aux avant-gardes, notamment surréalistes qu’aux ésotérismes ou aux auteurs classiques. Cette maison participa pleinement, en son temps, à l’alliance entre traditions et avant-gardes, une alliance dans laquelle Belle Rose a toute sa place. Oublié, ce texte méritait une belle réédition. C’est chose faite avec en appui du texte des études de Serge Caillet, Michelle Nahon & Maurice Friot, et enfin Francis Laget, qui, chacun en leurs domaines, replace l’œuvre de Renée de Brimont dans les contextes historiques, culturels et initiatiques qui ont contribué à sa naissance.



Renée de Brimont dépeint le Bordeaux aristocratique, intellectuel et spiritualiste du XVIIIème siècle dans lequel apparaissent deux personnages fondateurs du courant martiniste en général, Martines de Pasqually et Louis-Claude de Saint-Martin.
Michelle Nahon et Maurice Friot introduisent le lecteur auprès d’une grande dame, femme du monde, mais aussi artiste, musicienne, peintre, auteur et militante féministe. En 1926, elle créa une association de femmes bibliophiles, Les Cent Une, qui eut une certaine influence. Elle étudia l’astrologie et le spiritisme, s’intéressa à l’alchimie et croisa entre autres la route de James Chauvet, Eugène Canseliet et surtout O. V. de Lubicz Milosz, qu’elle fascina et qui en fit sa muse, toute spirituelle.
« On sait, nous dit Francis Laget, que c’est elle que Milosz appelait « Renaissance », dans la dédicace de ses poèmes et de ses textes métaphysiques les plus importants et que son rôle auprès du poète a pu être comparé à celui de Béatrice auprès de Dante ! Leur intimité de recherches et de pensée peut être déduite et confirmée par le soin apporté, par chacun des deux à occulter la nature de leurs échanges spirituels : ils sont parvenus à faire disparaître la quasi-totalité de leur correspondance ! »
C’est probablement par Milosz que Renée de Brimont s’intéressa à Martines de Pasqually et à Louis-Claude de Saint-Martin mais l’histoire de sa famille n’est pas sans lien avec ces deux figures. Son témoignage est donc aussi rare que précieux.
Renée de Brimont, conclut Serge Caillet, la baronne amazone, la « Renaissance » « saintement aimée » de Milosz, l’amie de Saint-Martin et de Martines de Pasqually, communiant dans l’Occulte avec l’un comme avec les autres, nous offre une esquisse, presque un portrait, historique et philosophique, du Philosophe inconnu et de son premier maître. Esquisse authentique, quoique réinventée ; esquisse fidèle, par conséquent, par une femme de Lettres qui n’en fut pas moins une femme d’Esprit. »
Indépendamment de l’intérêt historique de cette réédition bienvenue, l’écriture, très juste et fluide, de Renée de Brimont, qui donne vie et force aux personnages et aux ambiances, emportera le lecteur dans ce Bordeaux des mystères qui se laisse découvrir peu à peu.
Editions La Tarente, Mas Irisia, Chemin des Ravau, 13400 Aubagne.


samedi 24 septembre 2016

L'abbé Julio et ses pratiques

Les pratiques de l’abbé Julio de Denis Labouré, Editions Spiritualités Occidentales.

Denis Labouré poursuit son travail de mise à disposition et de clarification de l’œuvre de l’abbé Julio. Après Les pentacles de l’abbé Julio, Les prières de l’abbé Julio voici Les pratiques de l’abbé Julio.
De manière très intéressante, Denis Labouré replace l’œuvre de l’abbé Julio dans son contexte temporel, entre héritiers de la Révolution et autorités catholiques, afin de mieux comprendre l’importance de l’héritage, héritage qui, loin de s’essouffler, emprunte de multiples formes, certaines dégradées certes, mais le plus souvent bénéfiques.



Denis Labouré évoque longuement dans ce livre une source méconnue ayant influencé Julio, Léonce de Larmandie (1851 – 1921), homme de lettres et ésotériste. Il fut proche de Joséphin Péladan, participa activement aux Salons de la Rose-Croix organisés par le Sâr, collabora à diverses revues dont le Voile d’Isis et publia deux ouvrages importants, Magie et religion, en 1898 et L’aventure hermétique en 1907. Dans Magie et religion, il développe « l’idée que les rites et sacrements de la religion catholique ont une portée magique », ruinée par les crispations théologiques. Léonce de Larmandie enseigna à Julio qu’une prêtrise véritable selon le Christ s’accompagne de dons spéciaux, notamment de guérison.
Denis Labouré consacre la plus grande partie de l’ouvrage aux pratiques selon l’abbé Julio : l’usage du Bénédictionnal Romain, l’usage des psaumes, la bénédiction des malades, la magie copte, les huiles saintes, le recours aux pentacles, les croix d’herbes, les neuvaines, et autres.
En fin d’ouvrage, il rappelle l’importance de la messe pour l’abbé Julio sans laquelle ces pratiques seraient vaines. « La messe, dit Julio, est la prière toute-puissante, par laquelle on obtient tout. »
« Nous cherchons à comprendre l’abbé Julio, ajoute Denis Labouré, ses textes et ses procédés. Pour obtenir ses résultats, il nous faut respecter ses enseignements. Pour consacrer nos huiles et nos pentacles, pour dynamiser nos neuvaines, il nous faut participer intelligemment à cette opération de haute théurgie qu’est la messe. »
Avec l’abbé Julio, nous approchons de ce que serait un véritable catholicisme, au service de tous ceux qui sont dans le besoin, efficace par la mise en œuvre des mystères dans une opérativité où la magie fait alliance avec la mystique.
Editions Spiritualité Occidentale, 16 A rue Lingolsheim, 67540 Ostwald, France.

dimanche 11 septembre 2016

La Grande Profession du Régime Ecossais Rectifié

La Grande Profession : documents et découvertes, le fonds Turckheim, Renaissance Traditionnelle, n° 181-182, janvier-avril 2016.
Cette livraison de Renaissance Traditionnelle consacrée à la « classe secrète » du Régime Ecossais Rectifié, fondé par Jean-Baptiste Willermoz sur la double matrice de la doctrine de la réintégration de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers de Martinès de Pasqually et de la Stricte Observance Templière, est incontournable par son apport historique. C’est en effet la publication la plus complète disponible aujourd’hui sur le sujet de la Grande Profession.
Les pièces publiées ici proviennent du Fonds Bernard-Frédéric de Turckheim principalement ou du fonds Jean-Baptiste Willermoz de la Bibliothèque municipale de Lyon. Le fonds Turckheim fut découvert par Antoine Faivre et constitue un complément considérable du fonds Willermoz.



Voici le sommaire de ce numéro : Avant-propos de Pierre Mollier –   Histoire d'une découverte par Antoine Faivre – La carrière d'un Grand Profès à travers les documents du fonds Bernard-Fréderic de Turckheim, complétés de documents de la B.M.L. par Thierry Boudignon et Jacques Rondat –  Une vue des pratiques occultes à travers l'odyssée des Archives de J.B. Willermoz (1756-1956) par Paul Paoloni – La Grande Profession dans l'histoire du Régime Écossais Rectifié, par Roger Dachez – Notes de lecture par Pierre Lachkareff.
L’étude des documents permet de mieux comprendre la genèse du Régime Ecossais Rectifié et la fonction, plus ou moins établie, de la Grande Profession. Jean-Baptiste Willermoz voulait clairement préserver la doctrine de la réintégration mais il demeure ambivalent sur les pratiques conduisant à cette réintégration. S’il reste finalement attaché à la théurgie des élus coëns, il est aussi conscient que cette théurgie, si complexe et difficile à mettre en oeuvre, n’est ni accessible à tous, ni une panacée. La question des praxis reste ouverte et c’est tant mieux.
Paul Paoloni essaie de cerner avec beaucoup de nuances les contextes traversés par la Grande Profession, en tant que classe ultime du RER, mais aussi, les archives, qui ont leur propre vie, ce qui lui permet d’interroger la notion de légitimité et de filiation dans un milieu où règne l’hypertrophie de la filiation historique et linéaire au détriment du travail initiatique, affranchi lui de chronos.
On ne peut que regretter la condamnation, peu nuancée cette fois, de Robert Ambelain par Roger Dachez qui lui reproche son « esprit d’amalgame si caractéristique (…) empilant sans vergogne les filiations les plus diverses et les structures initiatiques les plus dissemblables », évoquant un « maître de la confusion ». C’est oublié le contexte de cet amalgame qui a permis de sauvegarder nombre d’ordres aujourd’hui de nouveau séparés et autonomes, grâce à l’action insistante de Robert Amadou, et les grandes qualités de ritualiste et d’opératif du Frère Ambelain. Il faudra un jour écrire un hommage de réparation à Robert Ambelain comme il fallut le faire pour Papus, comme il fallut le faire aussi pour Philippe Encausse, le fils de Papus.
Cette remarque mise à part, l’apport de ce numéro de RT à l’histoire du Régime Ecossais Rectifié est indéniable et il convient de souligner la proposition très pertinente de Roger Dachez quant à l’avenir de la Grande Profession :
« L’énoncé du problème se pose donc en termes simples, aujourd’hui comme hier : ni grade « sommital », ni ordination sacerdotale, ni consécration épiscopale, comme quelques ignorants et quelques égarés l’ont cru, prétendu, ou ont tenté de le faire accroire, la Grande Profession, très dépouillée dans sa forme, a été conçue pour exercer une fonction essentielle et même exclusivement doctrinale. Willermoz et ses amis, el leur temps, ont estimé qu’il revenait à un groupe d’hommes choisis à cet effet, soigneusement préparés, dûment instruits, de la conduire dans le plus rigoureux secret. L’avenir leur a-t-il donné raison ? 
Force est de constater que ce projet, à la lumière d’une histoire que nous connaissons désormais assez bien, s’est clairement soldé par un échec. »
Robert Amadou voyait dans les Grands Profès des « veilleurs » et Roger Dachez lui emprunte le pas :
L’étude des textes fondamentaux (…) devrait devenir, sous l’impulsion des Grands Profès rendus à leur véritable vocation, un aliment essentiel des travaux maçonniques rectifiés au sommet de l’édifice des grades symboliques qu’ils concernent au premier chef – soit au grade de Maître Ecossais de Saint-André. C’est la méconnaissance de ces sources essentielles qui a souvent entraîné le dépérissement du RER. Ainsi la sève vive de la doctrine, naturellement ouverte aux multiples adaptations que chacun peut ou veut en faire, irriguerait à nouveau tous les échelons du régime qui a été fondé sur elle. Les Grands Profès, sans revendiquer d’autorité magistrale, devraient en être dans les Loges les promoteurs spontanés et les répondants naturels, ostensiblement mais sans ostentation. (…) Des éveilleurs modestes et des artisans de paix : tels devraient être avant tout les nouveaux Grands Profès ».
La clarification historique, largement avancée désormais, la recherche, non plus historique cette fois, mais opérative, le tissage spirituel, sont les clefs du futur du Régime Ecossais Rectifié. Ce numéro de Renaissance Traditionnel, « beau » et « bon » numéro, nous invite à mettre en œuvre ce qui fonde et anime le Régime Ecossais Rectifié.